3 jours à OSAKA et KYOTO (Partie 3 - END)
| Petit Voyage - En France et au Japon - Le Japon comme si c'était vrai |
Fabuleux voyage au pays des illusions, nous continuons notre petit périple cette fois-ci à Kyoto, au parc des Studio de la Toei, un parc consacré au cinéma d'époque japonais.
"D'époque"... oui, pour deux raisons en fait : d'une part : 1) car tous ces décors concernent principalement les films dont l'action se passait à la période Edo (1615-1868. Ce qu'on appelle ici les Jidaï-Geki) ; et d'autre part : 2) car on parle ici de l'âge d'or en quelque sorte du cinéma japonais, celui des Akira Kurosawa ou celui des Ken Takakura (l'inspecteur Japonais de "Black Rain" en 1989).
Bon, c'est vrai il y a aussi quelques scènettes contemporaines. Mais elles ont été rajoutées après et n'ont vraisemblablement jamais servi en ce lieu, tout du moins pour des tournages de longs métrages. Sans doutes sont-elles justes des décors ou parties de décors incorporés dans le bâtiment de l'entrée principale pour agrémenter un peu mieux ce parc à thème.
Exemple :

La voiture est réelle, mais le reste, c'est tout du trompe l'œil. contrairement à la photo ci-dessous, qui représente l'entrée d'une grande maison ("Retirez vos chaussures pour entrer merci", c'est ce qu'il y a d'inscrit sur le pannonceau). car là, c'est tout du vrai :

Comme ici une fois entré, on tombe sur une vaste cour intérieure qui représente... une cour de justic très célèbre ici du fait de la série télévisée qui lui est associée (Oui madame, fait pas bon s'y voir inviter à l'époque je vous le dis, la prison d'ailleurs est juste en face !).
On peut voir sur le mur les photos des différents interprètes de la série TV, qui apparemment continue depuis les années 60 sans ruptures avec toujours la même histoire (encore actuellement : "Mayuzumi Shihôkan" ("Shihôkan" = magistrat), je crois qu'il s'appelle ce Drama, cette série TV).
Voilà le topo : Le juge magistrat, qui est en fait le seigneur du coin, se balade incognito, façon : "... Ah non, en fait j'ai vu de la lumière, etc.", dans la ville, et il tombe en écoutant les ragots, en écoutant les rapports de police, ou en lisant la rubrique nécromanciaire, sur les vilaineries d'une bande invariable de fripouilles de bas étages dont le chef par contre est un gros bonnet du coin bien camouflé dans ses entreprises visqueuses par son assise économique (ça vous rappelle rien ici non plus je suppose...). Bon, bref, le magistrat en question, il mène l'enquête (soit c'est un bon magistrat, soit c'est un "hoby-man" qui aime son métier aussi, ce qu'on pense en général), puis il découvre qui est qui de quoi que c'est-ce qui fait d'où ça vient tout ce bordel : les morts et tout ça, et il va les affronter (pas les morts, hein, les malfrats), tout seul bien entendu avec un masque de foulard sur le visage, ou dans la nuit noire quoi pour qu'on le reconnaisse pas, mais surtout avec l'épaule bien dénudée et voyante, épaule qu'il a entièrement tatouée comme un yakuza des familles.
Là, c'est dans le film comme toujours l'invariable combat de lui tout seul contre 40 à 50 types qui déboulent de partout comme des guêpes des recoins de la maison du chef qui hurle : "À l'assassin, tuez-le ! Massacrez-le !" (parce c'est bien fait : le chef il est là aussi bien entendu à être confondu avec les autres). Le "Hoby-man", il assomme tout le monde avec son sabre qu'il utilise à l'envers (à coups de plats ou de dos de la lame quoi, de coups de poings ou de pieds, etc. : malin le gars vous allez voir).
Bon ils sont un peu fracassés, c'est vrai, mais juste après qu'il les quitte en si bonne forme, la milice arrive qui te boucle toute cette bande d'incapable larves très pleine de méchanceté vicérale et cynique comunautaire, sans voir rien de ce qui s'est passé avant (doivent avoir un sixième sens ceux de la milice).
Enfin on amène au jour "J" les mécréants dans la cour de justice (celle-là que vous avez devant vos mirettes sur la photo ci-dessus. Ils sont agenouillés dans les graviers tu vois (les mécréants, graviers et mécréants qu'on voit pas sur la photo). Or ils sont misérable mais encore fiers parce qu'ils pensent qu'il n'y a pas de preuve contre eux. Et apparaît le magistrat qui s'assoit juste là à gauche devant la cour sur la photo, devant les paravents portes-coulissantes sillonnés de bleu. Or le magistrat cette fois il est vraiment majestueux : vêtu d'un magnifique kimono à ailettes et d'un pantalon non moins sublime qui doit avoir des pattes d'Eph. de six mètres de longueur (pour dire la majesté du personnage quand il s'assoit à genoux sur le parquet avec ça tu vois).
Puis il ouvre la séance. Il leur demande gentiment s'ils plaident coupables (leur seule chance en fait) mais comme ils ne reconnaissent pas le magistrat qui était masqué lorsqu'il les a défaits et habillé fort différemment, ils nient tout en bloc avec une sincérité à faire pâlir un ange de marbre de Carrare de la basilique St-Pierre avant même toute question délicate, et rient même sous-cape, et font les innocents étonnés ou abusés par un mauvais coup du sort de l'injustice flagrante que voilà M'sieurs -Dames.
Là, manque de pot, le juge-Seigneur leur déballe tous leurs méfaits avec force détails et précisions machiavéliques. Et quand il a fini, tranquillement le magistrat, il leur demandent innocemment encore si lui se trompe ou non dans sa version des faits.
"C'est une terrible histoire, mais vous avez des preuves de ce que vous avancez, votre excellence sa Seigneurie, parce que là, franchement, on voit pas de quoi vous vous escrimez à argumenter !" Qu'ils répondent avec autant de politesse que d'impudente vilainie.
"Pas de preuve ? Et ça ?!". Car c'est alors que le magistrat s'énerve un peu devant cette ladrerie généralisée de la vérité vraie, il était temps, tire sur la manche de son kimono de compétition avec détermination, et parvient avec un art de contorsionniste superbe à découvrir très posément son épaule tatouée comme, j'ai dit : comme un yakuza des familles.
Ébahitude (je viens d'inventer le mot) de nos trente petits salopards et de leur canaille de chef d'escadrille non moins félon et sanguinaire, vous imaginez ?
Le magistrat répond alors invariablement à cette surprise générale : "Et celle-là, vous la voiyez bien celle-là, elle vous dit quelque chose cette épaule-là, bande de ruffiants cramoisis par vos mensonges innombrables et de vos crimes horribles zé hideuzement malpropres ?!".
Les mécréants soudainement confondu par un témoin aussi prestigieux et surtout intouchable, et une telle preuve indélébile (car un tatouage est indélébile et non indéfectible, comme vous le savez tous), s'écroulent dans le gravier en pleurant des larmes de caïmans (sauf ceux qui savent ce qui va leur arriver après), et sont emmenés manu militari par les gardes justement vers... comment dire : leur très sinistre et sombre destin...
Générique, puis : The End.
Et l'histoire est toujours globalement la même, et cela depuis des dizaines d'années...

Une autre photo que j'aime bien et que j'ai intitulée : "Le Far-East" (ci-dessus). Ca ressemble étonnamment à une ville fantôme de la conquête de l'Ouest, mais dans le Japon ancien : un décor agrémenté de naturel très fabuleux.

Alors photo suivante (ci-dessus) : il y a quelques samouraïs ou ninjas perdus et déguisés comme à l'époque dans le parc (des acteurs, ou des touristes aussi (voir l'histoire des costumes à louer juste après ces lignes), ici au sortir du pont, pont qui pourrait d'ailleurs très bien être : "Le Pont du Bouddha Barbu" de l'époque).
Ils sont très bien costumés... et d'ailleurs pour parler de "costumes", j'y viens, comme dans les films, vous avez là-bas, ou même dans plusieurs endroits de Kyoto, la possibilité de vous faire costumer par des professionnels (à la journée : cher aux studios de la Toei (8 à 12 000 yen, mais très très pro, maquillage et coiffure compris), beaucoup trop cher, mais c'est plus abordable en ville, bien que moins... sophistiqué : 3000 yen la journée (photo ci-dessous avec deux japonaises qui revenaient au soir à la boutique de : "Rentle Kimono" pour rendre leurs costumes, dans la rue qui monte au temple de Kiyomizudera).
Aussi bien pour les femmes comme ici, que pour les hommes. Pas mal, hein ?
Elles m'ont dit leur prénoms ces deux petites jeunes sympas (ci-dessous), et je les ai marqué sur le plan ces deux prénoms, comme il se doit, pour mettre sous la photo. Et pis revenu à la gare, je crois, sans faire gaffe, j'ai jeté deux des plans que j'avais en triple exemplaires ! Quel crétin des fois moi aussi : sur l"un de ceux-ci il y avait leurs prénoms. Et Théo ne s'en rappelle pas non plus. Du coup je peux pas mettre leur prénom sur la page ! Ah là-là-là-là, quelle catastrophe ! Comme disaient les Beatles : "Help !"

Mais méa culpa, je reviens à mes samuraïs déguisés : Ils sont très gentils nos samouraïs, et vous répondent : "Bonjour", quand vous leur dites : "Bonjour", et : "Il fait vraiment chaud, n'est-ce pas ?", quand vous leur dites : "Il fait vraiment chaud, n'est-ce pas ?". Du moins en japonais parce qu'en anglais, ça la fait pas, et en français c'est encore moins rapide.

Sinon vous pouvez aussi vous faire prendre en photo, genre débile mental sorti de son cadre de manga (Théophile aura la sienne aussi, vous verrez ça plus loin, merci).

Il y a aussi une magnifique collection de costumes "Power Ranger et compagnie" qui est en présentation (ci-dessus. C'est pas trop mon truc, mais celui-là, c'est l'un des monstres de la série : je l'ai trouvé plus joli que les autres, alors je vous le mets. Il doit s'appeler "Monsieur Pierre" à mon avis).

Il y a aussi des show, des spectacles joués par de véritables acteurs.
Bon, faut dire ce qui est : c'est en général pas très "jojo". Mais ils font l'effort quand même avec cette chaleur, alors bravo. On est trop habitué à la perfection artificielle faut dire aussi... si vous écoutez bien par exemple dans un film comme "Le Dernier Samouraï" avec l'autre Tom Croisière (Cruise en anglais), eh bien lorsqu'ils dégainent leurs sabres les Japonais, ça fait quelque chose comme : "cling, ou : bling, ou encore : tchbing", alors qu'un sabre japonais en dégainant ne fait absolument aucun bruit. c'est pas un sabre de cavalerie non plus. C'est silencieux comme un serpent qui vient dormir chez toi sans prévenir, un sabre japonais (bruit du laiton sortant du bois. Faut le dire quand même !).
Donc évidemment quand on voit de vrais acteurs devant soi avec des sabres qui ne font plus "cling, bling, tchbing", alors, c'est vrai il faut le reconnaître qu'on est un peu dépaysés, surtout pour ceux qui savent pas l'histoire des "cling, bling, tchbing" !
Voilà : Ca s'appelle des trompe-l'oreille quoi : ces "cling, bling, tchbing" du genre "Dernier Samuraï" : Que du "pas vrai", de "l'horrible pas vrai", un complet révisionisme auditif !
Le spectacle en salle est le plus réussi (photo précédente et ci-dessous) que ceux qui sont organisés dehors. Dommage qu'on puisse pas vraiment prendre de photos à cause du manque de lumière. Mais il y a de beaux effets, et si ça ne dure pas très longtemps, c'est très bien réglé :

Même les combats sont plutôt réussi, ce qui est assez difficile à faire en live, et qui m'a plutôt étonné.

Et pour finir sur ce sujet de l'époque Edo, ci-dessous une photo qui passionera vraiment les historiens férus de Japon et des... : un quartier reconstitué "à la Yoshiwara".
C'est donc pour vous expliciter cela très brièvement le quartier de tous les plaisirs, surtout ceux de... la chair (pas la chair à saucisse, hein, bah non) !
Le problème c'est quand même encore ici qu'il n'y avait absolument personne alors qu'en période électorale, ça devrait grouiller de monde là devant ces maisons closes en rouges, grouiller de beautés fatales dans les bâtiments, et grouiller tout court dans les étages.. (après l'histoire de la chair à saucisse, je vais pas vous faire un dessin non plus !).

Et avant de repartir de Kyoto il nous restait un peu de temps ; alors on a fait une petite escapade en taxi (pas très cher les taxis Kyotoïtes), jusqu'au temple le plus fameux de Kyoto et pas très loin de la gare : le Kiyomizudera, monté sur pilotis à flan de coteau au milieu des bois, ci-dessous:


Là, dans le temple, on retrouve les attributs guerriers du célèbre guerrier géant Benkei : ses socs en fer (quelques kilos), et ses bâtons en fer forgé eux-aussi (impossible à soulever sans un tour de rein phénoménal, et c'est ce qui va arriver juste après notre passage au petit touriste en tee-shirt bleu "vive la France" qui a dû passer une bonne nuit après ça !) :

Impossible qu'on vous disait !
Reste plus loin à aller à la gargote en couleurs locales...

Car surtout, arrivés en haut, on peut...

... enfin manger un morceau !
En l'occurrence et je dis ça très vite mais en fait ça a duré longtemps ce plaisir intense-là : On a mangé des Zaru-sobas (pâtes froides de sarrasin), et du Tofu (fromage de soja frais : le baquet, là, ci-dessus). Pas trop mauvais et pas trop cher pour un lieu aussi touristique, et on a bu environ... allez : trois litres d'eau à la marseillaise, donc sans pastis mais plutôt un litre chacun, qu'ils ont fini par nous confier la carafe (mais on étaient des personnes de confiance, hein, puisqu'on l'a rendue avant de redescendre vers la ville...

Petit retour dans la rue des souvenirs qui resemble étrangement à la rue principale du Mont St-Michel en France, mais avec des souvenirs de meilleure qualité et plus "couleur locale" bien sûr de très certainement (ci-dessus).
Puis on a repris un taxi pour la gare centrale de Kyoto...

Et là même dans la gare c'est l'ambiance Kyoto, quoi (photo ci-dessu). Puis retour sur Tokyo.
Les trois jours étaient déjà finis, et notre grande étude de terrain sur l'art de tromper les sens aussi (tromper l'essence, par contre, c'est beaucoup plus difficile).
Une petite dernière pour vous ravir : métro à Osaka. J'aime beaucoup cette photo, car si ce n'est pas un trompe l'œil, l'effet du graphisme sur cette photo casse vraiment bien l'espace et les plans. Et pis c'est mon ami Woody, alors...
À méditer ça : dans la vraie vie on retrouve tout cela aussi : les trompe-l'œil, les trompe-l'oreille, les trompe-les sens, les trompe-perspectives (entre autre les perspectives d'avenir, cela va de soi...!)... et même parfois les trompes d'éléphants.

Et donc voici le mot de la fin :
"Ne vous fiez pas aux appâts rances (oui, je sais, elle était un peu facile) ! ... Que les fééries restent donc des fééries et pas moins, et pas plus... Enjoy the real Life".
MERCI POUR VOTRE ATTENTION, C'EST FORMIDABLE !
MERCI POUR VOTRE VISITE.
ET À TRÈS BIENTÔT,
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