Les Grades : un problème d'état ?
| "Bu" - La Section Arts Martiaux - Aïki-Do |
Bonjour à tous. Personnellement je suis contre l'idée de vouloir gérer les grades d'Aïkido de façon administrative et étatique (code du sport et jugement moral induit) et/ou encore moins par des simulacres d'examen en Aïkido.
L'idée même de "JUGES" ou de "JURÉ /JURYS" me semble complètement inappropriée à l'idée d'Aïkido hors cadre d'un dojo (l'idée de "club" en effet a malheureusement remplacé peu à peu l'idée de "dojo" !). Car un grade n'est pas un résultat de réussite, mais un col de passage et de développement d'un cheminement personnel. Vouloir ou faire vouloir ainsi un "résultat butoir" en Aïkido est contraire à l'esprit même de l'Aïkido à mon sens.
Devant le projet actuels d'appropriation de la notionde "grade" par l'État français (car en désespoir de cause, c'est bien de cela dont il s'agit), je voudrais ici réagir et pouvoir penser que d'autres solutions ont existé, existent ou existeront ...
La problèmatique de l'attribution des grades en arts martiaux a toujours été "LE" point d'achoppement de l'art.
Plus encore : La problèmhatique de l'attribution des grades en arts martiaux a toujours été "LE" point des litiges personnels entre : les pratiquants, les maîtres, les leaders, les noyaux de courtisans conservateurs, les groupes, les fédérations ou même... les pays (reconnaissance des grades France-Japon/Japon-France par exemple qui fluctuent entre mépris et adorations suivant les temps). Et cela quels que soient les arts martiaux considérés.
"Une société infantile qui a pris la compétition comme éthique ne peut aboutir qu'à une catastrophe" disait Albert Jacquard. Ce qui implique à mon avis que, loin de vouloir toujours réglementer d'avantage cette facette de l'art vers des examens normés et finalement compétitifs (ce qui n'apporte que désolation cendrée au paysage), il s'agirait au contraire de libérer cette facette des grades, la libérer des "étages" de la puissance du naturel de soi*, de sa gangue des... jugements justement (car, n'est-ce pas : LOI = JUGEMENT, car : JURY = JUGEMENT, car : NORME = JUGEMENT, etc.).
La réglementation officielle ("laquelle effectivement ?", celle du sport ? et c'est là une autre question d'importance en ce qui concerne justement l'Aïkido, à moins d'en faire une sorte de patinage artistique sur tatami), cette réglementation officielle n'interviendrait alors qu'en tant qu'élément d'agrémentation, et non en tant que "barrage certifiant". Mais je m'explique :
Un grade devrait donc comme autrefois être délivré/attribué par l'ENSEIGNANT et non par une STRUCTURE qui se voudrait "au-dessus" de l'enseignant ou des enseignants. Car une structure (morale et non physique, ce qui veut bien dire ce que cela veut dire) sera toujours "à côté" du sujet : puisque ce sujet ici devient juste pour une structure :... un objet.
Or l'idée d'un grade est l'idée d'une progression par rapport à ce qu'enseigne un ancien déjà. C'est-à dire que c'est l'idée non pas qu'on possède une valeur ajoutée par rapport à autrui, mais qu'on poursuit une œuvre des anciens à sa propre mesure, dans notre œuvre de vie.
Et d'ailleurs : Pourquoi dire ici que : "Un grade devrait donc comme autrefois être délivré/attribué par l'ENSEIGNANT" ? tout simplement car l'enseignant, dit : "le Maître" (bon, tant pis pour les contre-sens possibles !), est un personnage commun à l'élève, un personnage qui est quelque chose : "AVEC" l'élève. Sa position de supériorité est donc "conjointe et corrélative à lui", et non simplement une position de supériorité détachée, souveraine de lui. Et en effet l'enseignant, le Maître, se construit lui aussi avec son élève, grâce à son élève, et non pas seulement "au-dessus" de lui, comme le fait une structure attribuante.
DÉVELOPPONS :
Le fait ainsi qu'un grade ait ou non de la valeur n'est d'aucune espèce d'importance en terme de VÉRITÉ propre, aucune, hormis les effets commerciaux et sociaux qu'on peut exploiter à partir de leur attribution.
Sur le tapis et ainsi, personne ne peut feindre un niveau qu'il a ou qu'il n'a pas, même pour lui-même et à moins bien sûr d'être un psychotique complet (psychose = "maladie qui ne reconnaît pas ses propres symptômes de dérèglements mentaux ou comportementaux").
Et qu'il soit X Dan ou Z Dan, ce pratiquant, cet enseignant X Dan ou Z Dan ou plus ou moins d'ailleurs, ne change absolument rien à l'affaire... sinon pour lui-même (sauf pour ses élèves qui pourraient être effectivement "abusés" par un faux savoir, ou un savoir incomplet : mais là et en vérité ce n'est qu'affaire de proportions : puisque c'est pratiquement toujours le cas actuellement !).
"Chacun se juge ainsi lui-même"... Certes et j'y reviens à cette formule phare. Parce que c'est également vrai à plusieurs titres... et ainsi par notre pratique. Ce qui devrait déjà être suffisant en soi.
Ce sont ces effets commerciaux et cette tendance à : "vouloir être reconnu pour ce qu'on est nommé", qui font problèmes.
(et non le plus souvent : "reconnu" pour ce que l'on est réellement : Chacun ainsi se juge soi-même par ses actes. Soit, mais se voit-il lui-même dans ses propres actes ? Rarement n'est-ce pas ? Et d'ailleurs par quel angle de visions se voit-il, le sien ? Intéressant, non ?)
On y revient toujours là dessus, sur cette ritournelle calamitique : c'est donc d'abord un problème de : "hiérarchie" (tout jugement impliquant une hiérarchie tant qu'on refuse la dimension ontologique des choses, ce qui pourtant devrait faire référence**). Et donc ce ne sont pas du tout les grades dans leur essence, les degrés de puissance, ou leur moyens d'attributions par eux-mêmes qui font problème : Les grades en effet, ces degrés, ne sont toujours et quels que soient leurs moyens d'attributions, que des représentations virtuelles d'un "état" de reconnaissance subjective par quelqu'un d'autre que soit qui vous "juge" (à moins évidemment de se les attribuer à soi-même (:-D). Bien évidemment !).
Les grades donc, c'est bien une affaire d'état : "État nation", "État administratif", "État des lieux", "État d'une progression", "État de soi", "État étant", "État existant", "État quantitatif", "État qualitatif"... ? Car, oui et en effet : De quel "état" parle-t-on justement ?
Comprendre cette question dans son fond, dans sa profondeur, c'est déjà progresser sur la voie et progresser par un équilibre serein vers une possibilité d'idée SAINE et CLAIRE des "grades" (cela, ce grade tant convoité, sera-t-il marqué sur votre tombe pour ainsi en faire, de l'affaire de votre siècle, une affaire de fausse éternité ?).

Mais dans le cas contraire, si l'on veut légiférer absolument les grades, cela implique une démarche purement "technocratique" sur leurs conditions d'attribution (et non une démarche éthique ou ontologique, ce qui est très différent, on vient de le voir).
Et c'est ce qui se passe en France depuis 50 ans dans une escalade bonaparto-populiste de plus en plus éloignée des critères originels de l'art, se référant désormais au sein de ce nouveau projet... à "une grille de "référentiel" techniques précis"...
(Bref : "Référentiels" ? Qui ici remportera la palme de celui qui aura réussi à "imposer" ces dit référentiels ? Bon, oui : "Ikkyo c'est comme-ci et c'est comme ça"... et ne sera pas autrement donc. Mais parle-t-on alors des différents niveau de profondeur inclus dans chaque technique (et jusqu'à quel niveau de profondeur donc ?), de leurs connections entre eux, ou de leur raison d'être justement comme-ci ou comme-ça, de leurs points particuliers ou encore de leur référents physiologiques ou dynamiques, etc. Tout paraît donc très simple... sauf quand on aborde le problème d'une façon philosophique parce que là, excusez-moi, mais... il n'y a plus personne pour dire)
Donc c'est l'escalade, et chacun y va de sa petite loi et de ses petits référentiels qui arrangent quoi ? : principalement sa position dominante : On voit où on en est arrivé de cette idée absconse que la loi ou de la NORME qui règlent tout***. Car en général ce n'est pas la loi qui règle les problèmes, ce sont les relations humaines (et c'est là que se situent les référentiels, et non dans ces normes). La loi comme toute norme doivent donc être l'expression d'un cadre sécuritaire minimum. Mais non pas se substituer à ces relations humaines en saturant l'intérieur de ce cadre par d'autres lois, fussent-elles sur des points d'impasses. Impasses qui révèlent non des impossibilités, mais uniquement des conflits d'intérêts.
À la manière de l'Aïkido, ce sont donc ces intérêts qu'il faut dévisager, qu'il faut décrypter et éventuellement délier vers ou par autre chose ("faire "passer", dis-je), et non leurs conséquences qu'il faut légiférer. Car légiférer sur des conséquences ne résoudra jamais les problèmes dans leur fond, il ne fait que les écraser, c'est-à-dire : les concentrer dans des actes dominateurs. Et cela, nul ne peut en douter je pense.
VALIDITÉ ?
Ces grades sont-ils alors plus valides par l'usage de la loi, de la loi d'état qui les délivrerait en l'occurrence par représentation fédérative interposéé (l'idée de "fédération" elle-même serait à débattre à mon sens ici, mais bon...) ?
Pas du tout, ces grades sont au contraire de plus en plus "creux de sens" puisqu'ils deviennent juste des sortes de "diplômes de validations gestuelles" ("gymniques" pour dire les choses gentimment), et c'est ce qui pose aussi de plus en plus problème.
Ainsi le code du sport précise, péambule à la réforme :
"Conformément à l’article L. 212-5 du code du sport, dans les disciplines relevant des arts martiaux, nul ne peut se prévaloir d’un Dan ou d’un grade équivalent sanctionnant les qualités sportives et les connaissances techniques, et, le cas échéant, les performances en compétition s’il n’a pas été délivré par la commission spécialisée des Dans et grades équivalents de la fédération délégataire."
On parle ici de : "Grades délivrés" et non : de grades reconnus, de "LA" fédération "délégataire", c'est-à dire représentative du ministère concerné comme... d'un juge platonicien et suprême en ce qui concerne quoi justement : des degrés puissances confondus soudain avec des degrés de pouvoirs (?!).
Or procéder ainsi, c'est justement ramener des degrés de puissance personnels à des degré entre : une personne et des personnes morales ou physiques supérieures à lui. Procéder ainsi, c'est nier les "différences de l'être" au profit d'une "différence de jugement" : DANGER !
L'aïkido devrait ainsi nous servir à sortir de l'esclavage différentiel de ce que j'appelle : l'identité du "JE" au bénéfice d'une vraie valeur de puissance de soi, nous libérer de nos "affects-passions"... lorsque, malheur : la mise en place du système des grades en Aïkido vient nous y replonger ?! Alors : carcan ou pas carcan ?
Autrefois cela marchait très bien. Les maîtres délivraient des grades et ceux-ci étaient reconnus comme tels par la communauté. C'étaient : des grades attribué par untel ou untel pour untel ou untel. Au grade était presque toujours associé un nom, le nom de celui qui l'avait délivré.
Donc, qu'est-ce qui se passe ?
Que s'est-il passé ?
Eh bien il se passe justement ce qui s'est toujours passé : chacun veut tirer la couverture à lui et c'est tout, au nom de l'Aïkido bien sûr, et en étant persuadé ou en persuadant qu'il détient à lui seul la vérité du jugement originel.
Ha ! Ha ! Quelle vaste blague lorsque l'on sait que l'Aïkido lui-même est né d'une sorte de grand malentendu historique et technique, très confus et nébuleux en soi (et ça je peux vraiment vous l'assurer).
Car il est clair aujourd'hui que l'Aïkido s'est construit sur cette base diffuse d'un passé voulu : orphelin de ses racines !
Cela revient à faire croire finalement que Ô Sensei a inventé l'Aïkido après sa mort, c'est-à dire quand on a mis sa photo sur le mur (pardon dear Kaiso). Mais non, il ne l'a pas inventé au sens propre, ni après son décès ni avant bien évidemment, il l'a : ... composé ! Et il a composé cet art tout au long de sa vie... quand ses suiveurs ou ses descendants l'on plus ou moins structuré (encore actuellement ce processus est en cours).
Et c'est très différent donc que de dire : "Nous allons mettre les choses enfin au point pour que tout le monde soit d'accord". En effet : chacun ayant des bases de réflexion différentes car non connaissantes des origines pour la plupart du temps (et quand bien même d'ailleurs... !), il est évident que cela ne résoudra pas les problèmes. À moins de créer une artificialité de l'Aïkido, ce qui est aussi en train de se produire : une artificialité technique et philosophique d'ailleurs (le reste d'ailleurs, l'Histoire par exemple, le KI, etc., on n'en parle plus, donc le problème est réglé semble-t-il... (:-D).
Soit, mais personnellement je suis plutôt : pour un naturel de l'Aïkido, que pour un artificiel de l'Aïkido, un... "fake".
On confond ainsi souvent les trois caractères du mot "AÏ"-"KI"-"DO"
À ce que je découvre, le terme de "DÔ" est mis en avant presque toujours, à ce point qu'il devient en soi de l'Aikido (en lui apposant bien sûr une gestuelle correspondante, aussi les mouvement par eux-mêmes en tant que : "répertoire").
C'est aller un peu vite en besogne puisque le "DÔ" n'est qu'un cadre d'apprentissage plus ou moins social (ses "constantes" comme on dit en cela ne sont pas des qualificatifs "moraux" mais un cadre didactiques (or "didactique" ne signifie pas qu'on enseigne de la morale à priori))
C'est donc un cadre d'apprentissage plus ou moins éthique, plus ou moins pédagogique, plus ou moins culturel aussi. Et c'est dans ce "plus ou moins" que s'engouffre inadéquatement les dictats ou récurences morales occidentaux malheureusement, et français en l'occurence (judéo-christianisme républicain qui ont peu à voir avec la pensée japonaise originelle de l'Aïkido bien que cela y ressemble à première vue).
(l'objectif du "DÔ" envers l'Homme est, n'est-ce pas et par essence, l'idée que la culture Japonaise traditionnelle se fait de la façon de faire devenir une "personne" vers un "être humain" lui-même comme enfin : ABOUTI. Avec tout ce que cela comporte comme implications ou sous-entendus au Japon. Mais ce serait long à expliciter ici. Il y faudra un autre article je crois)
C'est donc le "DÔ" qui sert le plus souvent de support forcé à l'Aïki-do. Et les administrations de ne voir en l'Aïkido que lui principalement puisque le "AÏ" et le "KI" sont des notions abstraites, incompréhenssibles et vaines pour elles. Et c'est là que le "DÔ" en cela devient "LE" critère de l'art (d'où bien sûr les idées qu'un répertoire technique ou encyclopédique, et la rédaction de rapports stéréotypés sur des thèmes rabâchés, sont les choses les plus importantes de l'art : Houps !).
... de l'art ? Dirait-on la même chose pour de la peinture, de la sculpture, de la musique ? On croit rever !
Alors je pense qu'il faut plutôt recentrer la discussion envers l'obtention/attribution des grades en Aïkido sur un plan plus général, et donc sur 3 axes importants. Il s'agirait plutot et de la sorte d'essayer de mieux percevoir et analyser ces 3 phénomènes ci-après :
- 1° - le problème d'exploitation commerciale de l'Aïkido par les grades ;
- 2° - le problème de reconnaissance personnelle pour chacun d'entre nous à titre individuel par les grades ;
- 3° - le problème de la valeur multidimensionnelle d'un grade quel qu'il soit au niveau communautaire par les grades.
Et s'il doit y avoir envers et contre tout une structure qui détermine une certaine forme de validation de ces grades (et non leur attribution, ce qui est proprement aberrant), cette validation doit venir non pas certifier de façon péremptoire (assurer par une position supérieure de "juges" (les juges sont toujours de faux prêtres), mais doit venir approuver ou désapprouver ("donner son accord", ou même pourquoi pas : se désengager d'un accord...) à l'unique clef de voûte de ces zizanies des grades : leur exploitation commerciale.
Car tout le monde sait très bien sans vouloir le dire bien sûr que : plus on est gradé et plus on a de chance d'avoir des élèves, donc de rentabiliser l'exploitation qu'on peut faire de l'Aïkido au maximum de ses possibilités commerciales (CQFD et c'est tabou de dire cela je le sais, merci !).
En effet à part ce point n° 1 de cette exploitation commerciale, les points 2 et 3 ne devrait pas être mis sous tutelles d'organisation administratives particulières, sinon de vouloir créer un catalogue de valeurs à ces grades (ce "multidimensionnelles" évoqué).
Mais alors et en ce point, je pourrais mettre au défi la majorité de nos grands experts - pardonnez mon irrévérence chers grands maîtres - pour nous dresser une liste digne de ce qu'on pourrait en attendre au niveau ontologique ou éthique (point 2 et 3), ou même pratique (techniquement parlant. Par exemple : qu'est-ce qui diférentie techniquement un 3° Dan d'un 4° Dan ? Ha ! Ha ! la question piège par excellence puisque techniquement parlant rien de les diférencie actuellement...), à plus fort parler de gens de sport qui ne connaissent point ou prou l'Aïkido.
À cela vient s'ajouter effectivement ce point de : "Qui est ou représente "La réglementation officielle" ?". Peu importe à vrai dire tant que l'on évite justement des versants politiques de cette réglementation. Revenons au principe de démocratie véritable, et qu'est-ce qu'on voit : N'importe qui pourrait jouer ce rôle, ce tour de rôle, puisque c'est bien d'un "rôle" dont ils'agit. Mais l'État ?
L'État aujourd'hui et en ce sens est une machinerie utilisée par certaines personnes pour manipuler d'autres personnes. L'état n'est donc pas neutre, rarement neutre, on le voit assez avec les actualités quotidiennes.
Détermine-t-il, l'état, ou ses "représentants, et par exemple : "l'obéissance" comme un critère venant avant l'exigence d'épanouissement humain (ou : "le meilleur moyen pour tel ou tel d'effectuer sa puissance personnelle) ; ou place-t-il cette obéissance au second plan devant cette exigence humaine ? Car cela change tout !
Donc, bien évidemment que l'État n'a pas à tenir ce rôle politique qui détermine "l'étant-puissance" de chacun de nous. Par contre et effectivement il a peut-être à "cadrer" des conditions d'exécutions de ces tours de rôles représentatif d'une organisation sociale saine (par exemple et à titre non exhaustif ici : interdiction de cumul ou de prolongation/renouvellement des mandats administratifs, conditions de désignations, charte de fonctionement de ceci ou cela, cahier des charges concernant..., etc.).
Je pense donc qu'on nous cache de plus en plus, et par une véritable "usine à gaz légiférante", un problème pourtant très simple qui pourrait se résumer par cette question :
"Comment lier l'idée d'un grade, avec la personne-individu qui va le porter, ou le porte ?". Vaste et intéressant problème, en effet.
GRADUS ?

Mais l'Akido, contrairement à ce que certains voudraient (des "barrettes", des "barrettes" sur les épaulettes...), ce n'est pas l'armée, On n'est pas de fait à la guerre, ou sur un terrain d'aviation. Car on confond ici deux choses très différentes :
Si l'on reprend l'idée de "GRADE", alors cela se réfère au mot latin "GRADUS". Certes, mais ainsi parle-t-on : d'un "DEGRÉ DE DIGNITÉ", ou : d'un "DEGRÉ HIÉRARCHIQUE" ? Tout le problème est là !
- Les tenants d'une légifération, quelle qu'elle soit ou même à outrance, sont pour des degrés de hiérarchie qui les sécurise dans leur "relative ignorance" et à la fois dans leur position dominante. Et ça c'est très clair (ceux en général qui ont obtenu des grades dans un "ancien temps glorieux des précursseurs de toutes sortes", sont généralement les personnes les plus enclin à empêcher autrui de les obtenir de la même façon, c'est bien connu et très tabou cela également dans le monde des arts martiaux). On recherche donc ici un degré de... différentiation, c'est-à-dire : le degré de ce que chacun vaut" = hiérarchie de ce que quelqu'un est par rapport à quelqu'un ou quelques uns de : supérieur(s) à lui (!) ;
- les partisans d'un degré de dignité seront partisans d'une éthique des grades, qui leur permet non pas de se sécuriser socialement mais de sentir le lieu de progression dans lequel ils évoluent comme une forme d'épanouissement personnel... Ce que Hobbes aurait appelé : "leur degré de puissance", c'est-à-dire : "le degré de ce que chacun peut"... en étant donc ce qu'il est.
Or, en choisissant la "légifération" (et toujours plus et plus et plus encore... et par-dessus... et encore et encore...) au prix de l'apprentissage de la dignité, vous abandonnez l'Aïkido tel qu'il fut défini par son fondateur, et tel qu'il est magistralement constructeur de puissance humaine par lui-même (et sans forcément qu'il y ait de grade à mettre avant cette puissance d'ailleurs).
GRADUS et MODUS...
Reste effectivement et je ne le nie pas d'un "MODUS", un mode, un mode de fonctionnement, à convenir par rapport à ce que je viens d'énoncer ("Gradus & modus"). Un Modus qui est très simple à mettre en place sans tout ce système de juges et d'instances, aujourd'hui toujours sur-évaluées (la fonction du grade ou la fonction du juge crée ici artificiellement l'organe de la domination, c'est le principe même de "l'uniforme").
Il s'agirait juste d'instaurer un système de reconnaissance officielles... des grades attribués par les maîtres (ou même ceux qui se prétendent tel, puisque c'est l'écrasante majorité, pourquoi pas ?). Et de telle façon qu'une simple "validation" soit opérée au niveau officielle et après attribution (attribution qui reste donc valide avec ou sans reconnaissance officielle en tant que reconnaissance personnelle cette fois). Et bien sûr : SUR CERTAINS PLANS SEULEMENT (pas des plans techniques justement et par exemple (puisque de toute façon si l'on veut normer sur de mauvaises bases, alors : "Tout le monde à raison = Tout le monde à tort").
Par exemple et en prenant ici le cheval en course : liberté d'enseigner à partir du 2° Dan avec des inspections académiques régulières (comme dans l'éducation nationale), inspections qui rapportent, vérifient et valident ensuite sur commission et avec des arguments rapportés cohérents et clairs, limités à ce que de droit par rapport à l'art : la sécurité globale de cet enseignement (non sa validité en tant qu'Aïkido, ce qui serait une aberration de plus, aberration perpétrée par toutes les générations d'administrateurs jusqu'à aujourd'hui, mais sa "sécurité" vis-à-vis de l'enseignement délivré à des élèves, dit : "Le cadre").
Autre exemple : Les grades au dessus du 4° Dan n'ont jamais été des grades d'attribution en vertu de qualités ou de progrès technique, jamais, et ce serait littéralement un mensonge de dire cela. Car tenez : que chaque 7° dan de France ou au dessus puisse nous décrire les qualités qui leur ont permis de décrocher leur grade ? Ils seraient tous bien embarassés si l'on parlait technique, ou ils se mettraient à faire tous de grandes circonvolutions sophistiques à la Gorgias pour éviter le sujet, ou nous donneraient les stéréotyopes communs au genre.
Or c'est ce que l'on veut mettre en place aujourd'hui : de la météo : normer du vent en théorisant ce vent-là. Alors je me pose ces deux questions : Pour protéger qui ? Pour protéger quoi ? ... "Protéger l'Aïkido" ? Vous plaisantez, Messieurs, j'espère... (:-D).
En d'autres termes : qui sait ce qui justifie ces grades dit "supérieurs", puisqu'ils n'ont jamais été attribués pour des caractéristiques techniques déterminée ni répertoriée ? Tout simplement parce que ce sont pour la plupart des grades de NOTORIÉTÉ ou alors de "SERVICE RENDUS À L'ENSEIGNEMENT DE L'AÏKIDO" en général ou en particulier. Mais et désolé de le dire ici : rien de très technique dans l'absolu de l'art (et tant est bien de cela aussi, à mon sens, si c'est reconnu comme : "ce pourquoi...").
Mais qui ose dire cela de peur de s'atirer les foudres des divers "Vaticans" ?
Il y a donc ici et à mon sens une malversation flagrante. Envisager des examens pour des 6° ou 7° ou 8° Dan revient donc à faire croire qu'une structure supérieure peut envisager de juger de choses "supérieures". Quelle arrogance et quelle naïveté en même temps : les choses se jugent elles-memes, croyez-m'en bien !
En effet, qu'il suffirait de trois, quatre ou cinq experts (d'où qu'ils soient du monde entier par exemple, et possédant chacun plus de deux grades supérieurs à l'élève concerné), d'accord au sujet d'un élève pour valider une telle attribution et le problème serait réglé définitivement et sans heurt, même avec le risque de voir parfois quelques arrivistes se servir d'une telle libéralisation ("Tiens, je vais aller de ce pas demander mon grade en Russie, au Mexique, ou au Cameroun..." (:-D) ). Mais qui ne les découvrirait pas alors, ces quelques malheureux "désespérés du grade" (comme aujourd'hui d'ailleurs), dans leurs qualités soudaine, ou leurs défauts rédibitoires ?
Remplaçons la sélection artificielle pour retrouver la selection naturelle... N'est-ce pas un beau projet ?
Louons la diversité et l'expansion de la connaissance multifactorielle qui, elle mènera à des vérités, qui, une fois réunies, donneront un Aïkido profond et superbe... (Est-ce un rêve pieux que celui-là mes amis ?).

Alors bien entendu, ce genre de système que je pose ici comme exemple exigerait une approche totalement nouvelle des grades et de l'enseignement. Et surtout il exigerait de nouvelles définitions à mettre en place (entre autre et aussi des définitions de fonctions, puisqu'il ne s'agirait plus de juges mais de rapporteurs sur un terrain redéfini au niveau officiel).
Mais ce type de système en « contrôle continu officiel cadrant » pour les enseignant et toujours par exemple permettrait une nouvelle approche démocratique de l'Aïkido, préservant les identités de chacun et des groupes au mieux (juste un cahier des charges, rien de plus, comme pour une agrémentation). Ce système permettrait surtout d'éviter de mettre l'Aïkido dans un carcan dualiste qui n'aura jamais d'issue tant que l'on restera sur des strates de pensées elles aussi dualistes ou ce qu'on pourrait nommer : de "récompenses et de sanctions".
Car un grade en cela ne serait plus une "récompense" (et sa non-attribution un "bâton" : idée puerile de tant de maîtres, mais qui a pour unique objectif d'assoir leur domination sociale, ce qui montre là leur niveau d'accaparement plus que jamais). Mais un grade deviendrait réel signe de progression, pas forcément au niveau technique ou de pouvoir sur autrui, mais un signe de progression personnelle, juste gratifiant par sa dimension humaine.
Et on pourrait d'ailleurs, comme cela se fait traditionnellement, attribuer les grades pour des raisons forts différentes et sans ambage ni confusion, clairement, en le disant d'ailleurs, en le marquant sur les grades eux-mêmes : "pour ancienneté", "pour niveau technique intéressant", "pour remerciement de la communauté de l'Aïkido X ou Y", "pour raisons honnorifiques", "pour la qualité d'un enseignement", "pour le nombre d'élèves", "pour l'inventivité de ses Koshinage" (^_^), etc., etc., etc..
On pourrait en effet dresser une liste immense ici de raisons d'attributions qui ne soient pas uniquement dépendante d'une "gymnastique et d'un grand répertoire creux de l'Aïkido".
Pourquoi pas et ça nous irait d'ailleurs très bien, à condition bien évidemment : que les personnes concernées et tout un chacun soient bien informés et conscients des raisons de ces attributions et les reconnaissent comme telles !
Et à ce titre, la responsabilisation des maîtres ou des anciens s'en verrait grandie, comme le plaisir des nouveaux venus d'ailleurs qui verraient là un sysème humain fort logique et sain, et plus sincère je pense. Oui : une responsabilité et un plaisir grandis, une vraie reconnaissance, au lieu d'être bridés, malsains, et de donner in facto lieu à des effets de manches et de courtisans, comme au temps de feu Louis le quatorzième, au château de Versailles, dans son jardin immense, ou au grand Trianon...

* À ce propos "d'une échelle quantitative des êtres du point de vue de la puissance et de la polarité qualitative des modes d’existence", cet très beau cours de G. Deleuze à propos des essences et des puissances chez Hobbes : "Alors vous voyez du coup pourquoi vous n’êtes pas des êtres du point de vue de Spinoza. Vous êtes des manières d’Etre. Ca se comprend. Si chacun se définit par :"ce qu’il peut", c’est quand même très curieux. Vous ne vous définissez pas par une essence ou plutôt votre essence est identique à ce que vous pouvez, c’est-à-dire vous êtes un degré sur une échelle de puissance. Si vous êtes un dégré, si chacun de nous est un degré sur un échelle de puissance vous me direz :" mais il y en a qui valent mieux ou pas mieux " ? On laisse ça à coté. Ca va devenir très compliqué. On ne sait pas pour le moment. Mais si c’est comme ça, vous n’avez pas d’Essence ou vous n’avez qu’une Essence identique à votre puissance, c’est-à-dire vous êtes un degré sur cette échelle." (intervention à découvrir dans son entier ICI, entre autre le développement de ce qu'il dit ici "ne pas savoir pour le moment", ce qu'il laisse ici "de côté" : cette notion de "degré").
** G. Deleuze ici encore : "Oui, le problème d’une ontologie, à ce niveau on le retrouvera en effet chez Nietzsche. C’est que, qu’est-ce qui est égal ? Ce qui est égal c’est très simple : c’est que chaque être quel qu’il soit, de toute manière effectue tout aussi qu’il peut de sa puissance. Ça, ça rend tous les êtres égaux. Les puissances ne sont pas égales. La puissance par exemple de la pierre et la puissance d’un animal, c’est pas la même. Mais chacun s’efforce de "persévérer dans son être" c’est-à-dire effectue sa puissance. Or et de ce point de vue tout se vaut, tous les êtres se valent. Il sont tous dans l’être et l’être est égal. L’être se dit également de tout ce qui est, alors que tout ce qui est n’est pas égal : c’est à dire n’a pas la même puissance. Mais l’être qui se dit de tout ce qui est, lui, est égal. Là dessus, ça n’empêche pas non plus qu’il y a des différences entre les êtres."
*** Les NORMES : la France est le seul pays du monde a avoir imposé un diplome d'enseignement sportif à l'Aikido : le BEES. Soit. Et alors : l'enseignement de l'Akido en France s'en est-il trouvé plus sécurisé ou bonifié ou meilleur au niveau technique ou éthique ou ce que vous voulez qu'ailleurs ? On voit bien que non, pas du tout. Cela a juste permis de normaliser l'art, de le mettre "sous tutelle" comme s'il était trop turbulent, car toujours en conflits internes (or ce sont des conflits inhérents aux charismes de ses leaders historiques principalement (qui veut rentrer dans l'Histoire, Messieurs (:-D) ?), qui butent presque tous sur la problématique de la génèse de l'Aikido et donc : de son devenir). Et encore si c'était un plus au niveau des connaissances de base, cette qualification (santé, physiologie, cadre juridique, etc. effectivement), pourquoi pas. Mais si ce système n'apporte guère de meilleurs résultat que sans ce système, alors je me pose cette question, comme beaucoup d'ailleurs :"Pourquoi, à quelles fins, et pour qui également, dans les intérets de qui, le mettre ainsi en place ?". Le fait d'ailleurs que l'Akido soit parmi les pays qui concentrent le plus de pratiquanst au monde (le troisième je crois à l'heure actuelle) ne change rien à l'affaire, car ce résultat ne dépend pas directement du BEES mais des possibilités d'utilisation conjointes des structures physiques et juridiques que l'accès au BEES a ouvert (et pour dire les choses cruement : Physiquement les DOJO de Judo d'une part, et surtout juridiquement : "la possibilité d'organisation des clubs d'Aikido en associations loi de 1901", qui élimine le problème de la rentabilité de base, système que nous envient bon nombre de pays, entre autre le Japon qui bute sur ce point logistique et financier dans son expansion !). Mais cela aurait pu se faire autrement et peut-etre avec encore de meilleurs résultats. On confond donc en arguant de la réussite de l'Aikido en France : les progrès de son expanssion avec son encerclement par des normes qui n'ont ou n'avaient souvent rien à voir avec la pratique. Quel étrange calcul ! Mais pourquoi a-t-on fait cela ? Pour deux raisons principalement :
- ... parce que le niveau d'enseignement était insuffisant : il fallait palier ce niveau par un autre niveau, sportif cette fois, qui éliminait ce problème. Alors : "BEES", c'est "safe" !". Vu l'état de raideur général des pratiquants français d'un "Aikido de plus en plus dominateur" qui se voudrait "harmonie" sans notions solides de "KI" et sans notions solides de "AI" ("l'harmonie", ça c'est pas de moi et vous savez pourquoi d'ailleurs (:-D)) : Laissez-moi douter, et de beaucoup ;
- ... parce que l'on voulait une expansion très rapide de l'Aikido sur le territoire : en érigeant un diplome d'enseignement tel que le BEES, on pouvait espérer que n'importe quel niveau "moyen" d'Aikido (jeune 1ier ou 2ième Dan) pouvait enseigner assez rapidement dans son quartier ou sa région. Et c'est ce qui s'est produit, l'expérience de chacun ensuite, les fameux stages induits par quelques "ténors" du domaine, "aidant" ou aplanissant au "mieux" le niveau général vers un standard. Or ce processus de la norme à outrance (un rêve de fleurs artificielles en quelques sorte), et on le voit aujourd'hui, revient à organiser en fait une confection de "clones" en Aïkido, ce qui me semble personnellement assez... pitoyable.
- CQFD : Morihei Ueshiba doit se retourner dans sa tombe. Le pauvre !
"Ha ! Ha ! Ha ! Et maintenant rions !", comme le dit toujours à la fin de ses cours Sasaki Sensei.
Merci de votre attention,
Tokyo, le vendredi 9 septembre 2011, Olivier Gaurin
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